La culture de la Tunisie se diversifie par un héritage de quelques 3000 ans d’histoire et une position géographique en plein bassin méditerranéen, berceau des civilisations les plus prestigieuses et des principales religions monothéistes.
La Tunisie a en effet été un carrefour de civilisations et sa culture reflète les traces des cultures punique, arabe, turque, africaine, européenne et musulmane, ainsi que l’influence des dynasties successives qui ont régné sur le pays.
Cinéma et théâtre :
Les productions tunisiennes restent rares et confidentielles, même si certaines rencontrent un certain succès hors de Tunisie.
Parmi les plus connues, on peut citer <Un été à la Goulette> de Férid Boughedir.
Cette comédie fait un flash-back sur la petite communauté de La Goulette à une époque révolue où musulmans, juifs et chrétiens cohabitent dans la tolérance et la bonne humeur.
Halfaouine, <l’enfant des terrasses>, du même Boughedir, a sans doute été le plus grand succès du cinéma tunisien.
Il met en scène un enfant dans le Tunis des années 1960.
Nouri Bouzid porte quant à lui, sur la réalité tunisienne, un regard sans complaisance.
Dans <L’Homme de cendres>, il traite de la pédophilie, de la prostitution et des relations entre les communautés musulmane et juive.
En 2007, le paysage cinématographique tunisien voit la sortie de plusieurs films recevant un certain succès auprès du public tel que Making off de Bouzid ou VHS Kahloucha de Nejib Belkadhi.
La musique tunisienne est le résultat d’un métissage culturel.
Principalement influencée par les cultures arabo-andalouse, arabe et occidentale, elle est relativement diversifiée.
Son courant musical classique, et le plus réputé, est le malouf.
Toutefois, les chants traditionnels continuent de rencontrer un certain succès.
Côté instruments, les régions urbaines et rurales se différencient quelque peu.
En milieu urbain, ce sont les instruments à cordes (rebec, oud et qanûn) et les percussions (darbouka) qui dominent alors que, en milieu rural, le chant bédouin, en plus des percussions, est accompagné d’instruments à vent comme le mezoued et la gasba.
Parmi les grands chanteurs tunisiens, on peut citer Saliha, Khemaïs Tarnane, Raoul Journo, Ali Riahi, Hédi Jouini, Sadok Thraya, Mohamed Jamoussi ou encore Habiba Msika.
Chez les musiciens, on peut également citer Anouar Brahem, Dhafer Youssef, Fawzi Chekili ou encore Lotfi Bouchnak.
Dans le même temps, une majorité de la population est attirée par des musiques d’origine arabe (égyptienne, libanaise ou encore syrienne).
La musique occidentale actuelle remporte également un succès important avec l’émergence de nombreux groupes et de festivals de rock, de hip-hop, de reggae, de jazz et la techno.
Aly Ben Ayed, est l’une des figures du théâtre tunisien.
Le théâtre tunisien s’est surtout développé entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle durant le protectorat français.
Certains théâtres construits à l'époque en bois ont vu leurs locaux détruits par des incendies alors que d’autres ont tout simplement changé de fonction.
Un seul a survécu en gardant ainsi son utilité première : le Théâtre municipal de Tunis.
En 1988, Mohamed Driss, nommé à la tête du théâtre national tunisien rénove une salle de cinéma laissée à l’abandon, Le Paris, située au coeur de Tunis.
Ouverte en 1996, elle alterne entre cycles de représentations théâtrales et spectacles de ballet, de cirque et de chant.
Dans le théâtre tunisien actuel, les spectacles dits de boulevard sont restreints au profit d'un genre de spectacle plus sophistiqué.
La naissance d’une peinture tunisienne contemporaine est fortement liée à l’École de Tunis mise en place par un groupe d’artistes de Tunisie unis par la volonté d’incorporer des thèmes proprement tunisiens et rejetant l’influence orientaliste de la peinture coloniale.
Après l’indépendance en 1956, le mouvement pictural tunisien entre dans une dynamique d’édification nationale, des artistes se mettant au service de l’État.
Un ministère de la culture est fondé et, sous l’impulsion de ministres tels que Habib Boularès, une politique volontariste est mise en place, ce qui ne manque pas d’interroger la relation entre l’artiste et le pouvoir.
Des artistes ont ainsi pu accéder à une reconnaissance internationale tels que Hatem El Mekki ou Zoubeir Turki.
Par ailleurs, la Tunisie a marqué de nombreux peintres européens.
Ainsi, Alexandre Roubtzoff est souvent considéré comme le « peintre de la Tunisie ».
Paul Klee et August Macke visitent également la Tunisie en 1914.
Macke exécute une série d’aquarelles de style cubiste, alors que Klee sera marqué par la lumière et les couleurs des paysages tunisiens.
La littérature tunisienne existe sous deux formes; en langue arabe et en langue française.
La littérature arabophone remonte au VIIe siècle avec l’arrivée de la civilisation arabe dans la région.
Parmi les grands auteurs tunisiens, on peut citer Abou el Kacem Chebbi, Moncef Ghachem et Mahmoud Messaadi.